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déc 16 2007

Le mode de vie au Vanuatu

Published by dandg at 9:33 under Vanuatu

Généralités
Le Vanuatu reste un pays très attaché à la tradition. La vie quotidienne est centrée sur celle du village et chaque village a un chef, parfois un sous-chef. Ce chef représente l’autorité et la loi, ce qu’il dit doit être exécuté.
Une journée typique du village commence et se termine avec le soleil, puisque hormis dans les grandes villes, les ni-Vans n’ont accès ni à l’eau courante ni à l’électricité. Les hommes partent chasser, pêcher ou construisent des maisons pendant que les femmes s’occupent des tâches ménagères. De nos jours, ce comportement a tendance à changer et de plus en plus de personnes vont dans les villes et les hôtels pour trouver du travail. Leur salaire est ensuite réparti entre tous les membres de la tribu. Les gains personnels n’existent pas ou peu, tout est partagé : argent, nourriture et même enfants.

Ecole
Ceux-ci vont parfois à l’école, quand les parents peuvent payer les frais de scolarité. L’éducation n’est pas gratuite au Vanuatu, qu’il s’agisse des écoles anglaises ou françaises. Si les enfants restent au village, les aînés s’occupent des plus jeunes et tous apprennent très tôt les rudiments de la vie au village : utiliser des bush knives, cueillir des fruits, se déplacer en canoë etc.

Monnaie
Les cochons servent souvent de monnaie d’échange. Par exemple, si un homme désire épouser une femme, il doit fournir un certain nombre de cochons ; parfois s’ajoutent également des plants de kava. Les mariages, tout comme tout événement majeur au village (décès, circoncision, initiation, passage de rites…), sont fêtés de manière « kastom », traditionnelle. C’est l’occasion de tuer un ou plusieurs cochons.

FĂŞtes et danses
Les ni-Vans en profitent également pour s’habiller avec des costumes traditionnels réalisés à partir de feuilles et de pagnes, se maquiller à l’aide de pierres aux couleurs éblouissantes ou de terre rouge, mais aussi danser. Il existe deux types de danses : celles où les danseurs incarnent un ancêtre ou une figure de légende (à l’aide de masques entre autres) et celles qui tournent autour d’un thème (la chasse, la guerre ou la mort par exemple). Les danses sont rythmées par le bruit des pieds sur le sol et le chant des danseurs, ce qui donne un ensemble synchronisé et harmonieux.

Religion et « tabu »
Au Vanuatu, 90% de la population est chrétienne et on trouve des églises dans de nombreux villages. Les 10% restants sont principalement des adeptes du culte de Jon Frum ou de religions kastom. Mais les ni-Vans croient encore aux esprits ancestraux et aux démons. Il existe quelques « sorciers » qui pratiquent la magie dans des domaines aussi variés que l’amour, la maladie ou le contrôle des éléments naturels (tempête, volcan…).
Ce sont généralement des hommes ; la pratique de la magie par les femmes étant « tabu ». Dans ce cas, « tabu » signifie « sacré » ou « interdit ». Par exemple, à l’entrée d’une propriété, « tabu » veut dire « ne pas entrer ». Cette notion se retrouve dans de nombreuses cérémonies traditionnelles ou encore dans la culture du kava.

Le Kava
Quand on arrive au Vanuatu, on entend très rapidement parler de « Kava ». Il semble que cela soit presque incontournable et qu’il faille absolument y goûter. On peut en trouver un peu partout dans les îles du Pacifique, mais celui du Vanuatu est réputé pour être un des meilleurs.
On pourrait s’attendre à une macération ou à un alcool à vous tordre les boyaux comme on peut en trouver dans d’autres pays, mais là ce n’est pas du tout le cas. Il ne s’agit pas du tout d’alcool, mais plutôt d’une boisson aux vertus relaxantes. Tout débute à partir des racines de la plante de « Kava ». Celles-ci sont soit broyées à l’aide d’un hacheur ou de coraux, soit mâchées ; tout dépend de l’endroit où l’on se trouve, la préparation dépend beaucoup des habitudes locales. Une fois cette étape réalisée, on y ajoute de l’eau et on finit par presser le tout. Selon la tradition, seuls les célibataires ont le droit de presser le mélange pour en extraire le jus de « Kava » et c’est un breuvage réservé pour les grandes occasions. La dégustation se fait dans le « Nakamal » et le chef du village est toujours le premier à goûter. Aujourd’hui, on peut en boire un peu partout au Vanuatu, il suffit de chercher un « Kava bar » au moment de la tombée de la nuit, peut être un effet pervers du tourisme. Une petite lampe, au bord de la route, indique la présence d’un bar. L’ambiance de ces bars est assez particulière, sombre et discrète, on a presque le sentiment qu’il ne faut pas voir les autres personnes présentes pour ne pas les reconnaître plus tard dans la rue.
Concernant le mode de dégustation, c’est cul sec ! Et il vaut mieux. Le goût n’est pas forcément très, très bon, un mélange de terre et d’autre chose. L’effet dans la gorge est particulier. Les premières sensations ressemblent à une anesthésie de la langue. Les ni-Vans conseillent de boire avant de manger, pour pouvoir bénéficier de l’effet relaxant au moment de la digestion. Ne vous attendez pas à des merveilles avec un seul demi bol. La dose minimale pour les locaux et celle qui parait raisonnable, est de un gros bol, suivi d’un demi. Tout le monde boit dans les mêmes bols, qui ne sont que rincés après chaque dégustation. Comme indiqué plus haut, ce breuvage n’est plus uniquement réservé à des occasions particulières, la majorité des hommes vont boire quelques bols tout les soirs et aujourd’hui les femmes commencent aussi. Cependant une dégustation à outrance semble avoir tout de même un effet sur la santé.

Boissons et nourriture
Le kava est donc une des spécialités locales du Vanuatu. On peut également y boire des jus de coco, très rafraîchissants ou encore une Tusker, bière locale, pour ceux qui désirent une boisson un peu plus forte.
Quant à la nourriture, les plats sont préparés avec ce qu’offrent la terre et l’océan. On trouve donc des fruits et légumes en grandes quantités ainsi que du bœuf et du poisson. La spécialité du Vanuatu est le laplap, une sorte de pâte épaisse réalisée à partir de manioc, de taro ou d’igname, avec de la crème de noix de coco et soit des morceaux de viande soit de la banane. Le tout est placé dans de grandes feuilles de laplap (qui ressemblent aux feuilles de bananier) et cuit dans une sorte de four.
Mais sur le marché, on peut trouver toutes sortes de plats, tels que des galettes de manioc au ton ou des poissons grillés. En général, la nourriture du Vanuatu est bonne et peu chère, excepté dans les hôtels et restaurants « touristiques ».

Au coeur du village : Port Resolution, Malekula

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