jan 22 2008
Strangers in Sydney
Quand on arrive en Australie et qu’on n’est pas australien, il y a plein de choses qui vous surprennent. Bien sûr, il y a d’abord le temps, à l’opposé de ce qu’on a l’habitude de subir chez nous. Alors vous retirez votre veste parce que vous faites vraiment trop touriste. Ensuite, il faut prendre un taxi parce que vous avez vraiment trop de bagages et là , le chauffeur se trouve à droite. A tous les ronds-points et à tous les virages, vous vous accrochez à votre ceinture de peur de heurter un autre véhicule. Finalement, vous arrivez sain et sauf et vous payez votre course en dollars australiens, des billets qui ressemblent à ceux du Monopoly.
Ca ce ne sont que les côtés évidents de l’Australie qu’on s’attend à découvrir en débarquant de l’autre bout du monde. Parce qu’au fur et à mesure qu’on s’installe, on remarque plein d’autres petites choses… bizarres.
Evidemment, les australiens parlent anglais mais ils ont aussi leur petit jargon. On entend beaucoup de ‘G’Day mate !’, ‘No worries’, ‘cheers’, ‘barbie’, ‘mozzies’… Ici, tout le monde est le ‘mate’ de tout le monde, on vous avait dit que c’était un pays accueillant. Les chauffeurs de bus, les vendeurs, les inconnus dans la rue, bref à peu près tout le monde accoste à peu près tout le monde avec ce ‘G’Day mate’. Vous imaginez, vous, monter dans un bus où le chauffeur vous accueille avec un ‘Salut mon pote’ ? Hé bien, ici, ça met tout de suite une bonne ambiance. Une autre manière de dire bonjour est ‘Hi, how are you ?’ Très peu de personnes se contentent d’un ‘Hi’ tout seul.
Les australiens sont donc très aimables. Un autre exemple : on peut leur demander n’importe quoi, ils répondront toujours par ‘no worries’. C’est une expression qui peut avoir la signification de ‘OK pas de problème’ ou encore de ‘De rien’ (en réponse à un ‘Merci’). Et pour dire au revoir, c’est ‘cheers’. Pour trinquer, c’est ‘cheers’ aussi. En fait, on le retrouve souvent :o) Et puis, il y a le ‘barbie’, petit nom du barbecue, élément indispensable en Australie ! Il y a également les ‘mozzies’, diminutif de mosquitoes, qui vont fréquemment de pair avec le ‘barbie’. Si vous entendez une de ces formules, c’est sûr : vous êtes en Australie !
D’autres choses nous étonnent par ailleurs. Nous avons déjà évoqué les supermarchés dans un post précédent mais nous avions oublié de vous parler de l’huile en spray ! Il est quasiment impossible de trouver de l’huile de tournesol autrement. Et la raison est simple : le barbie. Le barbecue australien est en réalité une plaque électrique qui chauffe quand on appuie sur un bouton. Quelle déception ! Mais où sont donc le charbon et les grilles ?? Cela étant, pour faire cuire leur viande, les australiens utilisent cette huile en spray bien plus pratique il est vrai que de l’huile en bouteille classique. Une fois qu’on a compris ça, on a tout compris.
Si jamais vous êtes à court d’huile en spray un dimanche à 22h et que vos voisins sont partis en vacances, ne vous affolez pas, vous pouvez toujours aller faire un saut au supermarché d’à côté. Oui, les magasins sont ouverts 7 jours / 7 ! L’avantage est certain : pas de foule horrible le samedi après-midi. On peut donc aller acheter son maillot de bain le dimanche avant d’aller à la plage ou sa Biafine en en revenant. Pour les courses alimentaires, c’est encore mieux. Dans le centre commercial près de chez nous, il y a deux grosses enseignes alimentaires : Woolworths et Franklins. Ils ouvrent tous les deux à 8h du matin tous les jours et alors que l’horaire de fermeture de Franklins oscille entre 20h et 22h, Woolworths reste ouvert jusqu’à minuit en semaine et 22h le dimanche ! Un vrai bonheur ! Pas besoin de se presser en sortant du boulot ni de consacrer la moitié de son week-end aux courses.
On en déduit forcément que les australiens ne sont pas des fainéants. Une autre preuve : les ouvriers en bâtiment. Ils commencent le matin à 7h, s’arrêtent à 17h et ils travaillent 6 jours / 7, donc même le samedi ! L’avantage c’est que les travaux avancent vite. L’inconvénient c’est qu’on ne peut faire de grasse mat’ que le dimanche… C’est pareil pour plein d’industries !
Petite comparaison par rapport à la France. En Australie, au niveau légal, les horaires sont de 40 heures par semaine, même si beaucoup d’’awards’ prévoient une durée de 38 heures. En ce qui concerne les congés, au niveau fédéral, un minimum de 8 jours fériés est obligatoire, ensuite chaque Etat a une législation qui régit les congés annuels. En général, ces congés sont de 4 semaines par an. Mais rassurez-vous, ils travaillent plus pour gagner plus :o) En 2003-04, le salaire annuel moyen en Australie était de 38 573$, soit environ 23 144€ (source : Australian Bureau of Statistics). En France, en 2005, le salaire moyen était de 22 131€ (source : INSEE). Pour que ces informations soient complètes, sachez qu’on estime que le niveau de vie moyen en Australie est légèrement en dessous de celui de la France.
Pour en revenir aux choses que l’on trouve disons… étranges ou pour le moins inhabituelles, la liste s’allonge, peut-être pas tous les jours, mais régulièrement. Et au fil du temps, ces choses finissent par faire partie de notre quotidien. Nous commençons ainsi à nous faire aux bruits des feux de signalisation nous indiquant que c’est vert pour les piétons, au fait que tout le monde (vraiment tout le monde) remercie le chauffeur du bus en descendant du véhicule, à la cuisine en cup et non plus en grammes, au cheese nan sans vache qui rit (avec du cheddar et c’est pas terrible…) ou encore au fait qu’ici, le cheesecake est français… Mais surtout, on ne retient plus notre respiration en montant dans une voiture. L’autre jour, nous regardions le journal télévisé français, il y avait un reportage sur les radars et ça nous a même paru bizarre de voir les voitures rouler à droite. Comme quoi, on finit par s’habituer à tout…
